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Beauties Talks Hispanic Culture With : Verena Garcia

Salut! Mon nom est Verena Garcia. Je suis spécialiste de la peau au Beauties Lab à Montréal et je suis née La Havane, Cuba. Récemment, j'ai eu envie de passer le micro à des femmes de la communauté hispanique afin de mettre en lumière leur relation à la beauté à travers leur culture. Le mois de l'héritage hispanique est donc le moment parfait pour partager ces connaissances. Pssst : Alexandre Vasquez, photographe chilien basé à Montréal, s'est joint à moi pour capturer nos sujets.    Verena Garcia (elle/elle)   On m'a souvent décrite comme une personne curieuse ; je connecte au monde qui m'entoure en posant des questions. Tout au long de ma carrière de professionnelle de la beauté, j'ai eu le plaisir d'avoir des aperçus des vies de nombreuses personnes. Cependant, je me mets rarement de l'autre côté du micro. Pour clore cette série, j'ai pensé que le moment était venu de partager une partie de mon histoire avec vous tous.    Crédit photo : Alexandre Vasquez   Je suis la seule enfant née de mes deux parents; une mère cubaine et un père argentin. Nous sommes partis tous les trois de Cuba pas longtemps après ma naissance et avons immigré en Floride, suivis du restant de ma famille. Mes parents ont divorcé quand j’avais 5 ans et ma mère s’est remariée avec un canadien, ce qui a mené à la décision d’immigrer encore une fois vers le nord, laissant derrière les plages, les palmiers et notre famille.     Parle moi de ta relation avec la beauté.   J’ai l’impression que tout a commencé quand j’étais très jeune, j’ai envie de dire autour de 6 ans. L’histoire classique de l’enfant qui observe sa mère se maquiller devant le miroir, complètement énamourée. Je m’embarrais dans la salle de bain pendant des heures pour fouiller dans sa trousse et me beurrer de toutes les couleurs d’ombres à paupières brillantes Wet and Wild et de gloss beiges.    L’été avant le secondaire, j’ai passé des heures sur ma nouvelle découverte: les vidéos des beauty gurus sur Youtube. Ma mère me laissait pratiquer les looks que j’apprenais de ces tutoriels sur elle. Je trippais. C'est à ce moment-là que j'ai commencé à réaliser qu'on pouvait transformer un visage avec du maquillage. Après avoir supplié sans relâche, ma mère m'a acheté mes premiers produits pour la rentrée: un fond de teint Maybelline Dream Matte Mousse, une poudre Covergirl (pour m'assurer d’être extra extra matte) et un mascara que je frottais aussi à la base de mes cils pour faire un effet liner.    Tout au long du secondaire, j’étais obsédée par ces vidéos. Je voulais tout ce que ces gens sur mon écran conseillaient, je ne demandais que du maquillage. Je passais des heures dans ma chambre à recréer ce que je voyais. Je me réveillais beaucoup trop de bonheur avant l’école pour appliquer parfaitement mon wing liner et coller mes faux cils. Jamais par sentiment d’obligation par exemple. J’aimais ça et franchement, j’étais bonne. Donc quand est venu le temps de décider ce que j’allais faire de ma vie, la seule réponse qui me venait en tête était de devenir maquilleuse.    Au fil du temps, je commençais à laisser tomber des étapes dans mon maquillage. On peut dire que c’était par paresse ou par manque de sous (à 17 ans, j’habitais déjà seule en appartement). Je ne prenais plus autant goût à mon ancienne routine de 45 minutes. En même temps, les tendances s'alignaient vers le plus naturel et ça me convenait. J’ai adopté mon nouveau look signature exécuté en 10 minutes et me suis demandé ce que je ferais avec tout ce temps que j'avais soudainement.   En début de 2020, j’ai commencé à faire de l’acné dans le front, possiblement dû aux changements entraînés par le Covid ou à la pose récente de mon stérilet hormonal. Ma peau n’avait jamais été dans cet état donc c’était vraiment un choc. J’ai recommencé à me maquiller à tous les jours, même en confinement, tellement que je n’étais pas capable de me voir comme ça. Désespérée, j’essayais tout, en faisait trop et ne pratiquais vraiment pas ce que je prêchait. J’étais gênée d’aider les gens avec leur peau si je ne réussissais même pas à régler mon propre cas. J’avais peur qu’on ne me prenne pas au sérieux. Avec du recul, je peux voir que ça m'avantage. Au-delà de mes connaissances théoriques, je sais de première main l’impact au niveau émotionnel et mental que ça peut avoir.  Je vois des peaux à longueur de journée et j’ai toujours vu la beauté dans chaque visage. Lentement mais sûrement, je commence à la voir dans le mien aussi.   As-tu des souvenirs d’enfance reliés à la beauté?   J’ai beaucoup de petits souvenirs des produits que ma mère utilisait. Tout son maquillage de pharmacie. Les trousses Chanel ou Lancôme qu’elle recevait en cadeau. Sa routine ProActiv.  Je me souviens particulièrement qu’elle se badigeonneait d’huile bronzante Hawaiian Tropic FPS 4 et se versait une Corona dans les cheveux dans l’espoir de les pâlir. L’effet des standards de beauté des années 2000s...   Ma maman est jeune, on a seulement 20 ans de différence donc quand j’étais enfant, elle n’était que dans sa vingtaine. Elle a toujours aimé les cosmétiques. Encore à ce jour, elle me fait des hauls quand elle revient de magasiner.      Quel membre de ta famille t’a appris le truc dont tu te rappelleras toute ta vie? Quel est-il?   Ma mère. Je parle d’elle sans arrêt parce qu’elle a pratiquement toujours été la figure féminine principale dans ma vie. C’est grâce à elle que j’ai pris l’habitude de toujours me démaquiller (même si dans le temps c’était avec des lingettes Neutrogena). Les cubains ont une mentalité qui mise beaucoup sur la propreté. On ne se promène jamais nu pieds, on a des vêtements d’intérieur vs d’extérieur et on se lave toujours avant de rentrer au lit. C’est à cause de ca que je suis incapable de dormir sans m’être au moins nettoyé le visage.  Comment est-ce que ta culture a influencé la façon dont tu vois la beauté?   Absolument. Traditionnellement, les femmes latines ont toujours été très fières de leurs apparences. Elles sortaient toujours de la maison bien arrangées. Il ne fallait surtout pas que quelqu’un les voit décoiffées ou sans rouge à lèvres. Quand j’étais plus jeune, ma grand-mère me grondait si je partais de la maison déchevelée ou cernée. Elle me disait de me passer un coup de brosse ou me mettre un peu de couleur même si on allait seulement à l’épicerie. Dans le temps, ça m'énervait! J’ai toujours été la rebelle de la famille et aller à l’encontre de ce qu’on me dit de faire est dans ma nature.    Par contre, en y repensant maintenant, je crois que cette mentalité a quelque chose à voir avec leur position dans la société. Les femmes en Amérique Latine ont très peu de pouvoir, le machisme est extrêmement présent dans notre culture. Dans ces circonstances, leur apparence devient la seule chose sur laquelle elles ont contrôle. Les standards de beauté deviennent intergénérationnels. Nos mères et nos grands-mères nous apprennent à se délecter, même si les autres peuvent trouver ça indulgent. Trouves-tu que les latinx sont bien représentés dans l’industrie de la beauté? Pourquoi?   Pas encore. Le stéréotype problématique est toujours présent. L’image qui nous vient en tête quand on pense à une latina est encore celle d’une femme bronzée, ayant une figure voluptueuse et des longs cheveux foncés volumineux. On la perçoit toujours comme sensuelle et séductrice. Je me suis toujours sentie comme si pour être considérée comme “latina enough”, c’est à ce que je devais ressembler. La société force une communauté entière de gens tous très différents à rentrer dans un moule extra spicy and sassy. En fait, c'est plutôt la quantité parfaite d'européen mélangée au spicy que l'occident juge acceptable.    On ne vient clairement pas tous du même endroit, on a chacun des mélanges génétiques propres à nous qui font qu’on peut avoir des caractéristiques très variées. C’est complètement ridicule de s’attendre à ce que toute personne s’identifiant comme latinx ait un même look. Je ne pourrais même pas compter le nombre de fois qu’on m’a dit que je n’ai pas l’air cubaine ou qu’on n’aurait jamais deviné que je suis latina. Les gens se donnent souvent l’autorité de décider si on est assez latinx pour eux quand en réalité, le but c’est d’être confiants qu’on l’est assez pour nous-mêmes.    Quel est ton rituel beauté préféré?   Ma routine quand j’ai envie de prendre le temps. Dry brush en premier, exfoliant dans la douche et lotion hydratante en sortant. J’adore sentir les différentes textures sur des parties de mon corps que je néglige souvent.     

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