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CAFA Fashion Connects : Retour sur la discussion autour de la diversité

by BEAUTIES TRIBE |


Beauties était invité, le 5 décembre dernier, à assister à un panel sur la diversité. Comme c’est un sujet qui concerne tout le monde, mais qui personnellement nous touche et nous intéresse énormément, je me suis déplacée avec 2 collaboratrices. Voici ce qu’on a retenu de la discussion animée par Azamit. Thierry-Maxime Loriot (commissaire des expositions mode au Musée des Beaux Arts de Montréal), Cynthia Cooper (Chef collections et recherches pour Musée Mc Cord), Madeleine Goubau (Journaliste mode Radio-Canada) Fecal Matters (designers) Hanna Che (plateforme Never was average).

Diversité. Appropriation culturelle. Curiosité. Intimidation. Jugement. Normalité. Compréhension. Inclusivité. Différences. Singularité. Médias. Initiatives. Valeurs. Société. Privilège. Représentation.

 

Léa Daigle Tassone

Optimiser la diversité dans le milieu de la mode et de la beauté n’est pas une tendance de la dernière heure, c’est un combat débuté il y a bien des années déjà. Dieu merci, on s’en va dans la bonne direction.

Soyons réalistes ici — c’est dans la nature humaine de vouloir s’identifier aux autres pour se sentir inclus et normalisé. Est-ce qu’il suffit de redéfinir la normalité pour éliminer le mot diversité ? Où se situe la ligne invisible qui définit ce qui est normal ? Aren't we all same same but different?

Voici ce qui est normal dans l’évolution des humains : nous sommes tous uniques, nous avons tous une couleur et un type de peau différents, la morphologie des visages et des corps varie, les cheveux changent de couleurs, l’éducation et la culture est propres à chaque famille. La normalité est d’être dans une société diversifiée.  

Si vous désirez encourager la diversité dans toutes industries, voici quelques conseils :

1. Faites vos recherches sur la compagnie avant d’y faire un achat, car un marketing sur la diversité ne veut pas dire qu’ils représentent bien ces valeurs à l’intérieur de leur équipe (ne jugez par un livre par sa couverture).

2. Investissez dans les entreprises fondées par des femmes, des noirs, des homosexuels et des cultures différentes — n’ayez pas peur de faire des choix différents de ce qui est « populaire ». 

3. Ne boycotter par les compagnies dirigées par des blancs juste parce qu’ils sont blancs et qu’ils peuvent être privilégiés. 

4. Engagez de la diversité dans vos équipes.

5. Encouragez les compagnies qui correspondent à vos valeurs et non à votre couleur de peau, à votre morphologie physique ou à votre orientation sexuel. 

Sur ce, la diversité et l’inclusivité sont des thèmes importants à ne pas négliger, car la force d’une société vient des différences de chacun. Vous ne croyez pas ? 

Kristel Chiara

 

Le monde est un peu plus ouvert à la différence qu’il y a quelques années. Cela dit, il reste énormément de travail à faire. À mon avis, le terme inclusivité ne devrait même pas exister puisque ça devrait être quelque chose de naturel, de normal. Ça, c’est la version dans ma tête. Mais je sais bien que l’être humain réagit fortement aux différences, un jour ou l’autre.

Matières fécales est un bon exemple. Ils ont subi de l’intimidation depuis leur plus jeune âge à cause de leur look marginal. C’est seulement maintenant, et ce, avec l’aide de plateformes comme Instagram ou de gens influents comme Thierry-Maxime Loriot, commissaire au Musée des Beaux Arts de Montréal que ces créateurs sont plus facilement acceptés. 

M. Lorit, en toute franchise, a avoué avoir eu spontanément des jugements en les voyant pour la première fois. Les croisant souvent dans son voisinage, il les a comparés à Marilyn Mason et se demandait bien pourquoi ils s’habillaient comme ça. Pourtant, ce n’était pas le 31 octobre. Mais son ouverture d’esprit et sa curiosité lui a permis de passer de jugements à des questions puis en faire une exposition permanente au Musée.

Grâce à ce geste, mais surtout, à la description de la provenance et la démarche des œuvres que les gens arrivent à voir d’un œil différent et apprécier en tant qu’art plutôt que de juger sans savoir ou comprendre.

Ce que j’ai retenu, c’est que la ligne entre appropriations culturelle et l’inspiration sont très minces. L’inspiration commence là où  il n’y a pas d’oppression. Quand on emprunte un élément d’une culture pour un gain financier, sans faire une recherche approfondie, ça devient  de l’appropriation culturelle.

Le désir de changement est la, il faut seulement le faire avec précaution et pousser nos recherches. C’est facile de seulement ajouter un élément différent pour prôner qu’on est inclusif, mais il faut voir au-delà et différencier les vraies initiatives.

Léa B.

Le sentiment qu’on a parfois de ressentir un grand changement dans la société (plus d’inclusivité) part souvent des médias. Comme disait Madeleine Goubau, les couvertures faciles qui manquent de profondeur et de recherche donnent cette impression que tout va bien. Si une compagnie X engage un mannequin “taille plus” pour un défilé et s’arrange pour que les médias ne parlent de ce ça, on va penser qu’on vit dans un meilleur monde où l’acceptation est reine. Mais en parallèle, dans les coulisses, les autres mannequins s’empêchent de manger pour atteindre un idéal de beauté qui est tout sauf sain et inclusif.

La solution au diversity washing? Mettre de l’avant les VRAIES initiatives des compagnies émergentes qui les font sans les crier. Les entreprises qui, derrière les rideaux, ont la diversité à coeur (embauche, etc.).

En tant que jeune femme à la tête d’une entreprise et d’un média, je me suis sentie interpellée. Ça fait partie de mon quotidien de mettre de l’avant la diversité. Par contre, des fois j’ai peur que certaines personnes pensent que ça fait partie d’un plan marketing. Je suis la seule à vraiment pouvoir savoir que ça fait partie de mes valeurs fondamentales. Moi et mon équipe. Tu veux savoir si la marque que tu adores a des belles valeurs? Ne regarde pas juste ce qu’elle crie haut et fort dans ses pub. Regarde aussi la marque employeur. Ce qui se fait à l’interne.

Sinon, en tant que femme caucasienne dans la société, des fois je m’empêche de poser des questions. Exemple. Je maquille un homme sur un plateau. J’ai envie de lui demander d’où il vient, car je suis curieuse. Je veux connaître son histoire, sa culture. Je suis ouverte à lui, il est ouvert à moi. Mais je m’empêche. Je m’empêche, car j’ai souvent entendu des amis de nationalités différentes exprimer le fait qu’ils n’aiment pas se faire poser la question : «D’où viens-tu?», car ils viennent d’ici. Mais j’aimerais qu’on se permette, entre nous, dans le respect, de pouvoir être curieux et de pouvoir poser des questions. Des fois je me sens comme si… Si je suis curieuse, ce n’est pas correct. Si je ne le suis pas, je ne suis pas correcte non plus. Bref, that was my two cents.

Comme Hanna Che le disait, c’est important d’amplifier les voix. Ne pas toujours utiliser la même personne pour la communauté haïtienne, par exemple, ou pour la tranche d’âge de 60 ans et plus. Ceux qui ont des plateformes doivent mettre de l’avant ces communautés. Il faut sortir de sa bulle. Poser des questions (comme je disais plus haut), mais surtout prendre le temps d’écouter ce que l’autre a à dire. Ne pas attendre un faux pas dans la société pour enfin parler d’inclusivité.

J’ai aimé le commentaire de ______ de Matières Fécales. (if you are the face of diversity…) “Do more than just being the face of a lipstick.” Diversity is NOT a trend. The problem is the big companies who manipulate us and make it look like a trend.

Et toi, tu crois qu’on en est rendu où avec la diversité?



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